Divertissements et joyaux de la polyphonie pour ensemble de violons Renaissance de la basse au soprano.

procession

Présentation

Le concert « Divertissement et joyaux de la polyphonie » regroupe les deux principales pratiques des «joueurs de violons» du nord de l’Italie : d’une part la musiques pour le divertissement des princes (lors des repas, des réceptions festives, des négociations politiques ou des bals) avec les premiers ricercares, les versions instrumentales de chansons frano-flamandes ainsi que les musiques de danses, et d’autre part, l’accompagnement du service religieux (le plus souvent au moment de l’offertoire, du graduel ou de l’élévation) avec les monuments de la polyphonique sacrée de la Renaissance revisités et magnifiés grâce aux sonorités suaves des violini.

Les instruments de la famille des violons, au XVIe siècle, jouaient en groupe de 4 à 6 instruments de tailles différentes (de la basse au soprano) appelés à Venise “Sonadori nuovi” («joueurs d’instruments nouveaux») en opposition au groupe «d’anciens instruments» en vogue au XVe siècle (luth, harpe et vièle). C’est vers 1530 que les confraternités vénitiennes comme San Rocco remplacent leurs musiciens au profit de ces nouveaux ensembles de six violini.

Violes et violons se propagent entre 1495 et 1520 dans les cours princières et papale italiennes : familles d’Este à Ferrara, Gonzaga à Mantova, etc. Sous l’impulsion humaniste, la viole de gambe est jouée par les nobles, en position assise, dénommée « da gamba » (de jambe). Par contre, les viole da braccio ou violini sont jouées par des groupes de professionnels, au service de ces mêmes familles ; ils ne peuvent s’assoir là où les codes de la hiérarchie ne les y autorisent pas et sont donc dénommés «da braccio» (de bras).

La première mention de la présence de ces ensembles de violons nous vient de la Maison de Savoie dans le piémont (1523). Un rapport de 1530 nous informe qu’un de ces ensembles a joué à l’inauguration de la nouvelle église de Brescia. Entre Venise et Milan, le nombre de ces citations ne cesse d’augmenter, nous informant de leur présence dans les processions, les fêtes et les cérémonies religieuses. Leur centre le plus renommé semble avoir été alors Brescia, berceau de la lutherie et pépinière de « sonatori di violini ».

La pratique musicale était alors en grande partie centrée sur la polyphonie franco-flamande. Force est de constater le nombre de compositeurs réputés nés en Picardie ou en Flandre, et morts dans le nord de l’Italie au terme d’une brillante carrière, tels que Adrian Willaert, Ciprien de Rore, Roland de Lassus etc. Le répertoire des joueurs de violons incluait toutes les formes musicales influencées par cette polyphonie, comme les Chanson parisiennes, les Motets polyphoniques, les Danses, les Laudes,  les Madrigaux, sans oublier l’improvisation polyphonique sur des Cantus firmus dont le thème pouvait être soit d’inspiration religieuse, soit populaire.        

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                                                                                                                    Alain Gervreau,2014